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Retour au pays en ce temps de #Covid19 …Part 2

31 Mars 2020

Le ciel de Yaoundé

13 : 26 nous venons d’atterrir sur le tarmac de l’aéroport international de Nsimalen, Yaoundé, le ciel est bleu, le temps clément et je suis enfin heureuse de respirer l’air de ma terre patrie!

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai trouvé le temps de vol…un peu trop long ! C’est pourtant juste 2h45 minutes normalement. On a eu droit à une boisson. Par les temps qui courent je ne peux que dire merci !

Une fois l’appareil stabilisé, l’un des stewards nous demande de nous rasseoir et distribue des fiches du Ministère de la Santé Minsante , à remplir. Ensuite, nous recevons la carte d’embarcation…La fameuse blanche ((rire). On nous demande enfin nos passeports. On y range les deux fiches et on remet au steward. L’hôtesse fait l’appel afin de se rassurer que tout le monde a remis le sien.

Fiche du Ministère de la santé

A mon tour, je me lève, je prends mon sac au dos et mon sac à main….la précision est importante à ce niveau, je récupère ma fiche du Minsante. Je m’apprête à descendre quand je vois des hommes en combinaison au bas des steps. Ils désinfectent les passagers qui sortent. En bas à gauche, il y en a 3, 1 juste en face et le dernier à droite. On voit également deux messiers qui s’assurent du respect des consignes. Un peu plus loin, des personnes avec des masques, elles doivent être le personnel du Minsante ou du Minrex.

Descente de l’avion
Mes sacs en pleine desinfection! Je vous présente dodo le sac au dos noir dans tenu par le monsieur et mon jolie sac de perles offert par mon hôte d’Abidjan.

Une fois au bas de l’avion, celui qui est seul pulvérise un désinfectant au bas de mes pieds et sur les deux sacs. Une forte odeur d’eau de javel se dégage.

On avance vers le personnel médical (au vu de leur tenue), l’un d’eux récupère la fiche et l’autre nous donne du gel pour les mains. Un processus prévu dans le protocole de suivi du #Covid19.

Grosse valise rouge 🙂

Les bagages étant déjà au sol, il faut les récupérer et se diriger vers l’un des deux grands bus présent sur le site. Bon, j’avais une grosse valise de 27 kilos (rire)….j’ai traîné jusqu’au premier bus et je l’ai mis dans la soute.

Je suis montée m’installer dans le bus. Nous pouvions être une trentaine dans ce bus. Quand tous les passagers étaient bien installés dans les deux bus, c’est en escorte motorisée que nous nous sommes dirigés vers nos hôtels respectifs. Nous du premier groupe avons eu plus de chance que les autres, nous sommes allez direct dans le nôtre. Les autres ont dû traîner plus d’heures avant d’avoir accès à leur hôtel.

Mentalité camerounaise

Se faire escorter….ca du goût faut l’avouer!

Sur le chemin de l’hôtel, précisément à Odza, qu’elle ne fut pas ma surprise d’entendre des insultes de mes propres compatriotes !

« Voilà les coronas ! »

« Vous amenez les morts vivants là où ?»

« Rentrez chez vous avec votre maladie ! »

« Vous venez faire quoi ici avec votre corona ? »

Ça fait mal, ça fait très mal de voir autant d’inconscience ! D’entendre ce style de discours qui conforte une certaine frange de la population ! Surtout quand on sort d’un pays où on a vu les populations à l’œuvre. Ça fait mal d’être insulté dans son propre pays et par ses pairs ! Ils savent que le virus existe, mais ils vivent comme si, ils n’étaient pas concernés ! Sur le chemin, aucun seau d’eau ni savon, presque personnes avec les masques ou les gants. Ils vaquent à leurs occupations pensant misérablement que le virus vient d’ailleurs ! Ils sont dans les bars, aucune distanciation, les vendeurs discutant imperturbablement avec les acheteurs, les conducteurs de moto agglutinés comme d’habitude….. PRENONS TOUS CONSCIENCE DU DANGER BON SANG !

C’est quoi le problème ?

Une communication mal ciblée ? Non, je ne pense pas, car ils connaissent bien le virus ! Ils savent qu’il existe ! Ils ont en entendu parler au moins une fois !

La bêtise humaine ? Peut-être ! Sinon comment comprendre cette désinvolture malgré tout ce qui se dit ! Les mesures de prévention, les campagnes hors lignes, les informations qui fusent à la télé et sur les réseaux sociaux (vraies ou pas) …. Comment comprendre ?

C’est vraiment le moral en berne, réfléchissant sur comment essayer de faire changer les mentalités que nous sommes arrivés à l’hôtel, il était plus de 16 h.

C’est donc ici à Elig Essono que notre voyage a pris fin, dans ce lieu quadrillé qui devra nous héberger pendant nos 14 jours de confinement comme annoncé par les responsables de l’ambassade du Cameroun en Côte d’Ivoire.

Chacun a pris sa chambre et ses bagages….rire ! Eh oui ! Nous avons eu droit à un repas avant 19 h et puis …..

Premier repas d’une confinée en terre natale!

Fallait bien dormir après où bien ?

À demain !

Merci terre Ivoire…..retour au pays en ce temps de #Covid19 part 1

Merci mère terre! photo prise à l’aeroport

31 mars 2020

Il est 4h 06 à Abidjan, je viens de me réveiller pour la 3e fois de mon lit douillet. La peur au ventre de rater mon départ pour le Cameroun. Un départ tant attendu, car il  avait déjà été reporté. Cette fois-ci, je ne me rendors plus, musique gospel à fond dans  mes oreilles, je contemple les photos de mes garçons, je leur parle, je souris, je leur fais plein de bisous….4h20…le temps ne passe vraiment pas. Je range encore la chambre pour la énième fois. Je refuse au sommeil de pointer son nez. Je vais laver la douche de fond en comble….je regarde ma montre après… 5h25!

En chemin ….

Je décide de prendre mon bain. A 6h, nous étions au salon pour la prière. Mon hôte, que je vous ferai l’honneur de découvrir dans un autre billet, me prodigue encore des conseils sur mon retour et s’en va chercher le taxi.


6h22 je suis bien assise à l’arrière. J’active mon GPS pour savoir combien de temps mettra la course, c’est très pratique quand on est hors du pays. Je suis à 25 kilomètres de l’aéroport. Le temps marqué est de 48 minutes. Quelques endroits d’embouteillages mais rien de vraiment grave. On arrive finalement à 7 : 06 très exactement.

Arrivée à l’aeroport.

Nous étions attendus pour le début de l’embarquement à 8h. Une fois sur place, ce sont les américains qui avaient débuté avec le leur. Sur un coté des hommes en tenue probablement de la Navy je crois, et de l’autre côté c’était des résidents américains à Abidjan.

Embarquement

Vers 8h passé, c’était notre tour, après le passage obligatoire de prise de température et nettoyage de main au gel. Passeport et carnet de vaccination checked! L’ambassade ayant la liste des ressortissants voulant rentrer, l’enregistrement était facile et aisé.

Nous avions le precieux sésame!!!!! Aucun frais déboursé.

le precieux sésame!

Nous sommes ensuite montés dans la salle d’embarquement. Il y avait trois groupes de personnes, les américains, les français et nous les camerounais….tous voulant rentrer bien sûr.

…..n y est presque!


La porte des étoiles était là bien visible !…fallait la franchir ( rire) tant que je ne l’avais fait pas faite, pour moi rien n’était gagné ! A 10h, enfin on a appelé les passagers pour le Cameroun….ouf trois fois oufff !

Le voilà! Yaoundé loading…..


Nous montions ainsi ….. à bord Air Côte D’Ivoire N° 9002 du 31 mars 2020 en direction de l’aéroport international de Nsimalen, Yaoundé….. à suivre…




Carnet de route : En route pour Ndjamena

Je me suis rendu à Ndjamena au Tchad afin de participer à la 12e  édition du Festival NdjamVi  le 05 décembre dernier par le Mannasse Ndoua Nguinambaye directeur artistique de Festival NdjamVi pour donner un atelier sur le blogging culturel, j’ai opté prendre la route afin de vous raconter un peu mon périple de Douala jusqu’au Ndjamena au Tchad.

 

Le voyage

Partie de Douala le 02 décembre, je me suis rendu à l’agence Touristique Express vers Ndokoti, une agence qui est réputée pour la ligne du Grand Nord.Je m’y rendais pour prendre des informations pensant me rendre sur Yaoundé avant de payer mon billet pour Ngaoundéré. Grande  a été ma surprise de constater qu’ils proposent le voyage direct jusqu’à Maroua.

Une fois mon ticket pris de Douala pour Maroua, ils m’ont fait savoir que de Maroua je devais payer un autre ticket pour le trajet jusqu’à Kousseri. Pendant que j’attends mon ticket de voyage, le monsieur au guichet me demande d’aller m’asseoir euye ! Suis habituée à recevoir direct après achat nor !Premier constat  d’une autre façon de travailler. Tu paies ton billet mais c’est au départ qu’on te le remet…..ok ! Nous quittons donc Douala à 17h en passant par Yaoundé, Bertoua, Garoua-Boulai…. On arrive à Ngaoundéré ensuite le trajet jusqu’à Garoua semble interminable. Une fois à Garoua, il faut rallier Maroua. La route est longue très longue. Le contrôle de CNI ne badine pas tout au long du trajet. Déjà qu’à l’entrée de la ville de Yaoundé tout le monde sort pour se faire contrôller ! C’est d’ailleurs lors d’un d’eux que je rencontre de Fernando Deumaga qui revient d’une belle mission humanitaire de Maroua avec son association Asprobir .  Pour faire un si long trajet il faut être mentalement fort surtout quand c’est la première fois.

Avant mon départ mon boss (oui oui)  Izane m’a donné cet itinéraire avec heures probables d’arrivée :

Douala – Yaoundé :5h

Yde – Ngaoundere : 14h

Ngaoundere – Garoua : 7h

Garoua –Maroua – 3h

Maroua – Kousseri 7h

A 22h nous étions à Yaoundé et à 6h le 03 décembre la belle de Bertoua nous accueillais !

A Ngaoundéré nous sommes arrivés vers 14h, j’ai pu prendre une douche, car l’agence est spacieuse, propre et il y a même une mosquée à l’intérieur. C’est également ici qu’on nous transfert dans un autre bus, moins beau que le premier quand même, mais toujours un gros porteur (70 places). Ici, un monsieur vous charge votre batterie  de Téléphone/Powerbank/Torche à 100 Fcfa devant l’agence. Contrairement à ses autres agences où un espace est aménagé pour cela. Après 1heure de pause, nous reprenons la route. Je commence à ressentir l’épuisement, mais l’engouement de découvrir est toujours présent.

Le paysage est beau, mais la nuit tombe vite et on se retrouve à Garoua vers 1h du matin. La fraicheur commence à se faire ressentir. A Garoua, nous faisons 30 mins d’escale et nous continuons à Maroua. C’est vers 5h que nous entrons dans la ville. J’avoue que je commence à me sentir pas très bien car le trajet Ngaoundere- Garoua était pénible ! Notre véhicule n’esquivait pas beaucoup les nids de poules sur la chaussé ! Jetais au denier banc…imaginez les secousses ! Une fois à Maroua….eh ha ! J’ai effectivement payé pour un nouveau ticket…seulement ce sont les petites Hiace de l’agence qui faisaient le trajet ! Seigneur !!! J’étais serrée !!! J’aurai dû payer deux places si je savais !

 

Maroua nous avons voyagé jusqu’à l’un des villages où on a attendu d’autres voitures pour un convoi car nous devrons être escorté par le BIR. Au total 8 voitures et téléphones éteints pour le trajet.

Ce sont donc les souvenirs de mes yeux qui vous parlent dès cet instant. Le paysage était magnifique à certain endroit, on a percevait des marres d’eau, des arbustes et de vaste étendu de terre aussi par moment. Des maisons d’habitations (des huttes beaucoup plus) . Beaucoup de poussière par contre. Les populations avaient l’air sereine, vaquaient à leurs occupations, les enfants courraient dans les cours, les femmes rentraient des champs avec des fagots de bois sur la tête ! Les bergers se baladaient avec leurs pâturages. Les ânes, étaient équipés pour porter les enfants et le matériel de cuisines ainsi que les vêtements dans certaines localités. J’ai remarqué que les oignons étaient super bon prix là-bas. Autre chose , on parle beaucoup plus  arabe et fulfulde.

A Waza, le parc était plein d’animaux c’était beauuu ! j’ai voulu prendre des photos avant de me rappeler les ordres de l’agent du BIR ! En plus mon phone était presque déchargé malgré les 3 powerbank que je possédais ! Nous sommes passés à Dabanga, j’ai eu un pincement de cœur, car je me suis souvenu de l’attaque qui  a eu ici il y a quelques années ! Seulement les populations avaient l’air paisible et sereine (point de vue étant dans le car bien sûr !). Quand je regardais les enfants qui jouaient, je me demandais s’ils savent vraiment ce qui s’est passé là-bas. Pensent-ils un jour venir dans nos grandes métropoles s’installer ? Que dirions-nous à ces enfants dans 10 ans ? Comment ne pas rester silencieux face à ce qu’ils subissent ?

 Nous avons traversé environ 5 villages et quelques kilomètres de Kousseri, l’escorte du BIR, nous a laissé. J’avoue que c’était hyper rassurant ! Car les histoires liées à Boko Haram dans cette contrée sont légions ! Je pense que c’est une des raisons pour laquelle ma famille n’était pas très motivée par ce voyage. Mais qui connait ma ténacité sait que quand je dis je vais le faire, c’est dur d’y sursoir !

La présence du BIR a contribué à rassurer les populations d’après la conversation que j’ai eue avec mes deux voisins du bus.

Ai-je parlé du degré de poussière ? Nous sommes arrivés à Kousseri vers 16 ! Mais alors couverte de poussière de la tête au pied ! Mais heureuse d’être partie de Douala dimanche à 17h pour arriver mardi vers 16h…. Le temps que mes hôtes vienne me chercher à l’agence j’ai encore mis au moins 45 mins là-bas….fatiguée certes ! Mais heureuse d’avoir vu un autre paon de mon pays !

A très vite pour mon séjour à Ndjamena !