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CINEMA : Maimounatou Bourzaka « Notre vœu le plus cher est que les pouvoirs publics prennent conscience des niches que constitue ce secteur ».

Depuis 3 ans, Maimounatou Bourzaka fondatrice du  Cinecamer qui valorise le secteur du cinéma camerounais sur le web et promotrice  des Journées du jeune cinéaste, propose aux jeunes de la ville de Yaoundé, des journées qui ont pour objectif les apprendre les rouages et les bases du cinéma.  Nous l’avons rencontré afin qu’elle nous parle de cette 3e édition qui se tiendra du 14 au février 2020 à Yaoundé sous le thème  » Violences faites aux femmes et aux enfants: si le cinéma se tait, il laisse faire »

Vision Artistik : Peux-tu nous présenter les Journées du Jeune Cinéaste JJC ?

Maimounatou jamais sans son sourire!

Maimounatou Bourzaka : C’est un événement annuel qui rentre dans le cadre de la célébration de la fête de la jeunesse. Les JJC ont été  initiées en 2018 par l’Association Cinecamer afin de valoriser et de célébrer les jeunes cinéastes camerounais. Il a également pour objectif de fournir des rudiments à cette frange de la population à travers des ateliers  de formation, des master-classes et des conférences-débats. Plus loin, nous voulons susciter des vocations et servir de plateforme d’échanges entre professionnels et amateurs et amateurs du secteur. Bien plus, montrer la portée du cinéma afin d’amener les pouvoirs publics à s’y intéresser davantage.

Vision Artistik : Qu’est qui a motivé cette initiative ?

Maimounatou Bourzaka : L’envie d’accompagner ces jeunes cinéastes en herbe qui manquent d’occasion pour rencontrer les professionnels. Nous recevons de nombreux messages de nos abonnés qui souhaitent se faire épauler par des aînés du métier, mais qui ne parviennent pas à les avoir. Aussi, nous voulons apporter du nôtre pour faire du cinéma un levier de développement. Notre vœu le plus cher est que les pouvoirs publics prennent conscience des niches que constitue ce secteur. Le Nigeria et les  Etats-Unis sont devenus de grandes puissances économiques grâce au cinéma et on peut le faire aussi. Nous avons des professionnels pétris de talent et d’expérience.

Par ailleurs, nous voulons aussi montrer les vrais films aux Camerounais en leur disant que les œuvres diffusées sur la chaîne rouge ne reflètent pas le vrai niveau du cinéma camerounais. Les objectifs sont si nombreux.

Vision Artistik : Journaliste et passionné de cinéma, ça aide dans l’organisation d’un événement comme celui-ci ?

Maimounatou Bourzaka : Énormément ! J’ai la chance d’avoir un carnet d’adresses assez fourni et ça m’ouvre de nombreuses portes. Aussi, chacun de mes amis se sent concerné par mes événements et ils m’appellent pour me proposer de passer sur leurs antennes. Je rends vraiment grâce à Dieu. Grâce à la notoriété que je pu avoir dans le domaine du cinéma à travers mon site www.cinecamer.info et mes années au festival Écrans Noirs, j’ai certaines facilités.

Vision Artistik : Quelles sont les activités qui vont meubler ces journées ?

Programme de l’édtion 2020

Maimounatou Bourzaka : Plusieurs activités vont meubler cette édition. Il y aura des ateliers sur le jeu d’acteur, l’écriture de scénario, les web-séries, la promotion du film et la mobilisation du public, le streaming…. On aura également la projection des films en exclusivité comme  » I’m okay  » de Stella Tchuisse et  » Orphelins » de Jessica Mpele. Sans oublier la conférence autour du thème  » violences faites aux femmes et aux enfants : si le cinéma se tait, il laisse faire »

Vision Artistik : Ces journées veulent toucher qui ? Au finish c’est quoi l’objectif ?

Maimounatou Bourzaka : A travers les JJC, nous voulons d’abord toucher le public en leur montrant du bon. Nous voulons leur faire savoir que nous produisons des films de qualité, contrairement à ce qu’ils croient au regard des films diffusés sur la chaîne rouge.

Nous souhaitons aussi amener les opérateurs économiques à investir dans le cinéma.

Vision Artistik- Comment s’est opéré le choix des formateurs des différents ateliers ?

Maimounatou Bourzaka : Étant, rigoureuse et gueularde 😅��😅, oui je l’avoue, j’ai choisi les meilleurs dans leurs domaines pour ces ateliers.

Ulrich TAKAM
Nkanya Nkwai
Samuel Iyabi

Claye Edou  pour moi, remporte le prix de la meilleure révélation de cette décennie. Il s’est imposé avec son premier long métrage intitulé Minga et la cuillère cassée. L’équipe du journal Le monde s’est déplacé pour la première de son film. C’était phénoménal. Jusqu’aujourd’hui, la magie de son film opéré car il est toujours diffusé dans des salles noires de monde. C’est ce secret là que je souhaiterais qu’il partage avec les autres.

Claye Edou

Alain Bomo Bomo a aussi écrit de belles pages de l’histoire du cinéma camerounais à travers son écurie. Il a formé bien de jeunes camerounais qui font la fierté du pays à l’instar  de Passy Ngah. Même chose pour les autres formateurs.

Alain Bomo Bomo

Que dire que Chedjou Kamdem qui est le meilleur en Afrique ❤❤❤❤ C’est vraiment la crème de la crème.

Chedjou Kamdem

Vision Artistik- rendu à la 3e édition quel bilan fais-tu des 2 premières éditions ? Qu’est ce qui te motive à continuer ?

Maimounatou Bourzaka : En réalité, j’ai voulu abandonner par manque de moyens. C’est très difficile d’organiser un événement sans sponsors. Mais, c’est la passion qui m’anime encore. On continue aussi parce qu’on se rend compte que de nombreuses personnes ont besoin de ce genre de plateforme. C’est un peu comme un devoir envers la société. Nous devons participer à l’éclosion du cinéma camerounais.

En ce qui concerne le bilan, il est très satisfaisant. Nous sommes enchantées des retombées et de ceux qui participent à l’événement car ils en tirent toujours des leçons.

Vision Artistik- C’est quoi ton plus grand rêve pour les JJC ?

Maimounatou Bourzaka : Que les JJC deviennent comme le Fespaco, c’est-à-dire une référence dans le monde. Ainsi, nous pourrons inviter les scénaristes de  » 24h chrono » et de  » Casa de papel »

Vision Artisitik- une information utile à faire partager aux in : ernautes ?

Maimounatou Bourzaka : Le cinéma éduque, informe et divertit. Il constitue une niche.