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#Repost : Stop aux accidents routiers – Le jour où tout a basculé!

Enfin les congés! Après 4 ans de service dans la multinationale où je bosse comme directrice des ressources humaines, je pouvais enfin souffler un peu! J’avais prévu de passer mes congés au Haras de Balatchi, magnifique endroit dans l’Ouest du Cameroun vers Mbouda, un cadeau que m’offrait mon fiancé Paul Henri, 30 ans, concessionnaire automobile. Nous projetions notre mariage pour le mois d’Avril de l’année prochaine.J’étais tellement heureuse, que j’avais préparé ce voyage avec beaucoup de minutie.
Me suis-je déjà présenté? Moi c’est Marie-Paule, 25 ans, sans enfant, fiancée à mon amoureux Paul-Henri, oui je sais, je sais, nos amis nous appellent Paul au carré!
La veille de notre voyage, j’ai appelé maman à Buea pour lui dire que je prendrais la route avec Paul-Henri le lendemain très tôt. Lui il devrait se charger de faire réviser la voiture et donner des directives à notre chauffeur Didier, afin que nous partions dès 6h du matin. Maman, nous a adressé une petite prière, et n’a pas manqué de me demander de lui ramener de belles tomates rouges et des pommes de terre. C’est avec un fou rire que je raccrochais car maman aimait tellement préparer qu’elle avait toujours un peu de réserve pour des étrangers qui pourraient la surprendre lors d’une visite. Pendant que je raccrochais Paul faisait son entrée dans notre chambre. Il y avait posé au sol, juste à l’encablure de la chambre 4 valises au même design et de différentes dimensions, vu son étonnement, je pris la parole la première pour lui rappeler qu’une femme a besoin de tout près d’elle quand elle voyage.
Paul-Henri (yeux écarquillés à la vue des valises) : Ekie!
Marie (faisant la moue) : mais chéri, j’ai besoin d’avoir mes effets auprès de moi, et puis 1 mois, c’est long. Tu ne veux pas te réveiller au côté d’une femme avec le même vêtement tout ce temps.
Paul-Henri : Ce n’est pas un peu trop 4 valises ?
Marie : non chéri, dans chaque valise il y a des choses distinctes, regarde là-bas par exemple, j’ai mis 6 paires de chaussures
Paul (s’exclame) : 6 paires ? Mais ma puce, on va se reposer là-bas !
Marie : hein ! Donc on ne va pas sortir pour aller en boîte là-bas ? Pardon hein, si tu veux que je ne vienne pas dis-moi une fois ! J’ai prévu aussi deux paires de tennis pour les randonner, une sandale pour les promenades, des escarpins….. Elle ne termine pas sa phrase
Paul  (pour fuir la tournure que prenaient les choses) : Ah les femmes ! (lève la voix) Ok ok ok tu peux apporter tout ça, mais je te promets que ça ne va pas te servir…. 
Marie (parlant seule) : en tout cas moi, je pars avec tout ça! En tout cas moi, je pars avec tout ça !
30 juillet …..
4h30 Petite prière du couple pour remettre à Dieu leur voyage.
Le gardien Narcisse mit toutes les valises dans la range rover, pendant que je m’assurais qu’aucune de mes valises ne manque. Paul lui avait juste une grande valise. Je me demandais comment il devrait s’en sortir avec si peu, car il avait décidé de la faire de lui-même !
6h00
Notre chauffeur Didier après le contrôle de routine démarre. Paul et moi étions assis à l’arrière avec nos ceintures de sécurité. Une routine, pour tous ceux qui prenaient une voiture avec nous. On exigeait toujours la ceinture de sécurité. Généralement, nous ne mangeons pas avant de voyager de peur des indigestions. Nous écoutons #96fm pendant le trajet jusqu’à Melong. Paul aime bien cette station surtout que les animateurs parlent du bon français à l’antenne. Le voyage se déroule sans problème malgré les nombreux trous heuh non les nids de poules que l’on retrouve sur cet axe. Je fais la remarque à Paul, qui sourit tout simplement.
Marie : chéri, tu vois tous ces nids de poules ? Mais ça va tuer quelqu’un un jour ! 
Paul (souriant et pensif) : c’est notre pays, tu veux quoi ? Depuis que les médias en parlent, rien ne change ! On ne sait même plus de la mairie ou de la communauté qui doit s’en charger ! Je puis t’assurer qu’il y a au moins 2 accidents sur cet axe par semaine.
Marie (étonné ): pourquoi rien n’est fait alors. (Secoue sa tête)  Après, on va accuser le mauvais état des véhicules et l’imprudence des chauffeurs, heureusement que Didier maîtrise bien cette route.
Paul : oui heureusement ! Mais n’oublie pas aussi que les éléments que tu viens d’énoncer ne sont pas à négliger ! Bon bref ! Je commence à avoir un peu faim. On devrait s’arrêter pour manger à mon avis.
Marie : nous sommes presque à Santchou (petit village entre la région du littoral et la région de l’ouest), tu veux manger du rat (en riant).
Paul riant : hahahhahahah non sert moi ce que tu as préparé pour le voyage s’il te plait !
Arrêt :
Il faut dire, que malgré notre situation de « riche » Paul mettait un point d’honneur à ce que je lui fasse la cuisine quel que soit le cas. J’avais donc apprêté des boulettes de viande, du poulet braisé, des frites de pommes, des miondos (pâte de manioc minutieusement emballé dans des feuilles et cuit à la vapeur), il y’ avait aussi des ananas et des papayes. Sans oublier le gâteau chocolat que raffolait Paul avec son moelleux blanc!
Tout était disposé dans différents thermos et bols. 30 minutes plus tard, nous reprenions la route. Il était déjà presque 9h30. Nous avions pris l’embranchement par Dschang, c’était plus court pour rallier Mbouda et Balatchi par la suite ! Heureusement, nous avons pu effectuer ce tronçon sans soucis. Arriver à Balatchi à 13h, c’est un endroit magnifique que je découvrais pour la première fois. J’étais subjugué par la beauté qu’offrait le paysage. Nous avions pris une chambre également pour Didier. Nous avions pour principe , le respect de l’être humain, un chauffeur, c’est un peu notre ‘deuxième vie’. Il faut qu’il se sente en confiance et surtout aimé par ses patrons.
2 semaines plus tard…
Assises sur une des longues chaises qui entourent la piscine, je sirote mon verre de jus naturel quand Paul arrive un air inquiet et me fait signe de le suivre dans notre maison d’hôte.
Paul (il cherche des mots) : heuh chérie, heuh je sais que je t’avais promis d’être avec toi pendant tout notre séjour ici, mais…
Marie fronce les sourcils : Paul Henry Dipita Fotso! Ne me tente pas stp! Ne commence même pas ! Elle se met à crier : c’est toi qui avais proposé qu’on vienne ici! Je ne t’avais rien demandé. Tu m’as dit que tu mettrais tout je dis bien TOUT en stand-by pour que nous vivions ces vacances ensemble!
Paul : calme toi ma puce. C’est juste une urgence qui vient de surgir. Un client important qui doit visiter le parc automobile. Stp chérie écoute-moi. C’est juste un aller-retour !
Marie (en colère) : un quoi ? Un aller quoi ? un quoi ?
Paul : mais chérie, on l’a fait cette route ensemble il y a deux semaines, nous avons bien voyagé n’est ce pas ? Écoute, c’est un gros client, il insiste que je sois là pour les transactions. Souvent, il envoie ses hommes de main, mais cette fois-ci , il tient à prendre 4 hummers. Je t’en prie chérie, comprends moi. Il faut bien de l’argent pour nous permettre de vivre.
Marie (qui le coupe court) : là n’est pas le problème. Elle pleure : tu m’avais promis que tu te consacrerais à nous, à notre couple.
Paul (la prend dans ses bras) : ne pleure plus ma chérie. Je reviens très vite.
Marie (en haletant) : je voulais te le dire la veille de notre départ d’ici. Suis enceinte de quelques semaines.
Paul (s’exclamant) : Mais c’est magnifique ma chérie ! Lui faisant de petits bisous : je suis l’homme le plus heureux du monde! Mais pourquoi tu ne me l’as pas dit plutôt ?
Marie (un peu calmée) : je voulais te faire une surprise afin de te remercier pour ce moment passé ici.
Paul : ma chérie, tu fais de moi un homme comblé ! Je reviens dans 4 jours et on célèbre ca……avec du jus naturel hahahhahaha
Marie (en riant) : va là-bas ! Tu vas laisser le vin où ?
Paul : ekie en lui tapotant la fesse gauche : pour mon enfant plus de liqueur. Juste de l’eau et du jus naturel.
Marie : Tu pars quand alors ?
Paul : Demain matin. J’ai le temps de faire toutes les négociations pendant 2 à 3 jours et vendredi, je suis de retour tout au plus. J’ai déjà informé Didier, il s’apprête déjà.
Marie : d’accord….tu vas me manquer.
Paul : Toi aussi, mais attend je suis encore là ….et si nous mettions ce temps à profit….
3 jours plus tard
Paul (au téléphone) : ma puce, nous avons réussi! Mon client a pris les 2 hummers, ça nous fait un petit pactole pour quelque temps encore. Je me demande si je ne devrais pas ouvrir un compte direct pour le bébé
Marie (en riant) : félicitations mon chéri! Hahahhahaha tu ne sais même pas si c’est un garçon ou une fille !
Paul : c’est un Dipita Fotso! C’est le plus important !
Marie : Bon ouvre un compte à ce nom alors. L’enfant pourra en bénéficier à son 18e anniversaire
Paul (en riant) : au Cameroun, on est majeur à 21 ans hein!
Marie : Pardon laisse-moi, suis morte de rire. Revient vite, tu nous manques déjà.
Paul : Je manque à mon fils hein hahhahha
Marie : ce sera une fille !
Paul : un garçon
Marie (en riant) : ce sera notre enfant un Paul ou une Paule!
Paul : ma chérie, je vais me préparer pour vous retrouver demain. Je t’embrasse partout, partout
Marie : nous aussi mon chéri. À demain.
5h30
Marie appelle Paul, pour confier le voyage au Seigneur par téléphone.
9h
Le téléphone de Marie sonne.
Dring dring dring
Marie : Allooo
Inconnu : bonjour madame, je suis le commandant de compagnie Mr X, votre mari vient d’avoir un accident au carrefour Melong. Il a été transporté à l’hôpital  central de Nkongsamba
Marie : pardon? Le mari de qui? Il a quoi? Vous cest qui? Il est où? Je lui ai parlé il y a peine 3 heures! Vous êtes sure que c’est bien mon mari? Fonds en larmes
Le commandant : madame, svp calmez-vous. Il est dans l’ambulance. Essayez de joindre vos proches.
Marie (tout en pleure) : ok. J’arrive. J’appelle son frère de suite.
Elle compose le numéro de René, le frère ainé de Paul.
Marie :Allo René, je suis morte ohhh, Paul-Henri vient d’être victime d’un accident. Il est à l’hôpital central de Nkongsamba
Qu’est-ce qui s’est réellement passé?
Paul-Henri : stp Didier accélère un peu, j’ai un évènement à célébrer avec ma femme.
Didier : patron, je fais ce que je peux, sauf qu’il y a beaucoup de nids de poule qui me ralentissent.
Paul- Henri : débrouillez-vous pardi ! Il pianote son téléphone.
Montée de Melong, un gros-porteur à vive allure venant de l’Ouest tente d’esquiver un trou, et se retrouve face à face avec le véhicule de Paul-Henri! Le choc est frontal et violent, le véhicule fait trois tonneaux et se retrouve dans le ravin. Le gros-porteur dans sa course folle persécute en plus un autre camion qui était garé plus loin.
Cris stridents, affolement, sang sur la chaussée, morceaux de chair, un morceau de cervelle gît sur la chaussée, une jambe amputée, un pneu…….Quelle image!
Didier dans un ultime geste a voulu braquer à droite pour esquiver le véhicule qui s’est retrouvé dans le ravin ….. Trop tard!
Trou noir…
Paul-Henri a perdu connaissance, Didier est mort sur-le-champ. Dans le gros-porteur, on a compté 19 passagers décédés une trentaine de blessés graves. Le chauffeur a perdu la vie également.
Les populations se sont mobilisées afin d’extraire les corps des décédés et sauver les blessés avant l’arrivée des forces de maintien de l’ordre.
Paul-Henri a pu être extrait de l’amas de ferrailles qu’est devenue sa range rover. Il a été immédiatement conduit dans une ambulance pour l’hôpital central de Nkongsamba. Mais il est resté inconscient pendant plus de 6 heures.
Pendant ce temps…
Marie a pu joindre sa famille à Douala, afin qu’on dépêche quelqu’un là-bas. Tonton René quant à lui , a préféré que l’ambulance revienne sur Douala, afin que Paul-Henri puisse avoir un meilleur suivi.
Marie a dû interrompre ses vacances d’urgence !
Paul-Henri a survécu à cet accident certes, mais ça été très dur pour Marie, qui a dû prendre une pause au boulot pour s’occuper de Paul-Henri qui a été touché au cerveau. Comme si ça ne suffisait pas, 3 mois plus tard, malheureusement Marie a perdu le bébé……Après 6 mois d’indisponibilité au travail, elle a été remerciée.
Voilà comment cet accident a tout fait basculé dans la vie de Marie !
Ce récit, est extrait de fait réels. Les noms, les circonstances, les dates et les lieux ont été changés.
Paul-Henri vous dit bonjour et est devenu bénévole dans une association qui promeut la sécurité routière, car pour lui, il a survécu, mais son ami et chauffeur Didier est parti. Il pense à toutes ces familles qui ont perdu un membre durant cet accident ! Un accident, c’est juste une petite minute d’inattention! Il lui arrive de sursauter la nuit et de se remémorer cette triste date ! Marie l’accompagne dans sa rééducation……Aujourd’hui !
Et vous….. Comment allez-vous vous comporter dorénavant sur la route ?
La prudence sur nos routes devrait être la priorité de chaque conducteur d’automobile en attendant que les routes se fassent ou se refassent !
Cet article fût ma contribution dans le cadre de la campagne #StopAuxAccidentsRoutiers initiée par les blogueurs du Cameroun en septembre 2016, Il y a un an déjà!
Pourtant, l’actualité au Cameroun s’y prête encore aujourd’hui ! Toutes ces vies parties en si peu de temps!!!!! Triste !
Muyuka-Nkometou-Douala…….#EnHommage à vous ce jour!

HONORE : UN SOURIRE POUR LA VIE !

 
Mars 2001
Honoré aujourd’hui, âgé de 11 ans fait ses premiers pas au collège.
Après un long combat de maladie, le serrer chaque soir dans mes bras avant qu’il ne se rendorme me procure  toujours autant de plaisir. Il est plus qu’un enfant, il est toute une vie !
Étudiante à l’université de Dschang, Anne était l’exemple même de la fille studieuse. Deuxième année sociologie, elle était la préférée de ses enseignants, sortant très peu, elle se consacrait entièrement à ses études. Comme on le dit ici chez nous, elle se ‘préservait’ pour son futur époux. Rare de nos jours !
Tout allait bien jusqu’au jour où son chemin croisa celui d’Adrien, beau, élégant, séduisant, intelligent et gentil, bref le mec parfait et en plus, il était étudiant en maîtrise en science naturelle.
Il était l’Homme, celui dont elle avait toujours rêvé, celui dont elle crût être le bon ! Seulement, le passé de ce dernier n’était pas aussi clair qu’il voulait nous le faire croire et encore moins nous faire penser. Leur relation dura cinq mois – intense, dense, pleine d’ambiance et de jouvence. Cinq mois inoubliables pour Anne. Même étant donné que c’était la première relation d’Anne, et qu’elle ne savait pas vraiment s’y prendre. Quelque temps après, elle tomba enceinte. Adrien mis au courant de la situation l’abandonna afin de pourvoir continuer ses études sans être dérangé. Quelle ingratitude ! Ne sachant pas trop comment faire, elle tenta un avortement qui échoua. Elle finit par décider de garder donc cet enfant qui refusa de la quitter.
Malheureusement pour Anne, sa grossesse fût pénible et pleine de complications, résultante de son avortement échoué. Elle souffrit beaucoup, mais garda courage. Elle avait arrêté les cours depuis fort longtemps, au désarroi de ses parents qui avaient mis le paquet pour qu’elle reçoive la meilleure éducation possible. Ceci avenant, elle devînt la risée de tous. Elle s’en moqua c’est vrai, mais avec un pincement au cœur, elle se sentit coupable au plus profond d’elle-même, car elle était abandonnée par tous enfin…..presque tous puisque j’étais là ! Anne était  devenue malingre, elle perdit l’appétit et était tout le temps couchée. Elle ne faisait même plus la vaisselle. Il y a des moments où j’aurais tout donné pour qu’elle me fasse part de ses pensées. Je priais dans mon for intérieur pour qu’elle n’essaie pas de penser au pire pendant cette période, qu’elle n’essaie même pas d’y penser !
Tout fût prêt, afin presque tout, pour cet individu innocent et fragile. Dieu ne laisse jamais personne ! Je puis vous dire que c’est vrai. Je ne peux pas vous dire comment nous avions fait pour survivre et préparer la venue du bébé en même temps que trouver l’argent pour les visites médicales qui ne nous demandaient pas moins de cinquante mille francs CFA en moyenne par mois . Au huitième mois, elle fût internée dans un hôpital de la ville. Le 20 mai 2000, elle mît au monde un prématuré qu’elle prénomma Honoré, car il avait honoré de sa présence le jour de l’unité nationale, quelle triste ironie du sort pourtant !
Seulement trois mois plus tard, elle mourut ! Les parents choqués, restèrent indifférents à cet enfant qui ne demanda pas à vivre, pire encore, Adrien ne dédaigna même pas se présenter le jour de l’enterrement, pourtant la nouvelle lui était bien et belle parvenue. Après les obsèques d’Anne, ses parents délaissèrent l’enfant dont ils n’étaient même pas venu voir et ce malgré le fait qu’il fût prématuré. Pour eux, cet enfant n’était nullement le bienvenu et de surcroît un bâtard ! leur premier petit-fils un bâtard ?non, trop dure la pilule à avaler !
La défunte ayant pressenti le triste sort que pourrait vivre Honoré si elle n’était plus là, me recommanda dans ces dernières volontés de m’occuper de lui comme mon propre fils.
Chose que je fis et que je fais jusqu’à nos jours onze ans (rendu à 17 ans aujourd’hui) plus tard. Aujourd’hui encore je pleure Anne, mais à travers les yeux d’Honoré, je la vois tout en blanc comme un ange, toute souriante et heureuse de le voir si éveillé.
Cependant, depuis le décès de sa mère, un secret me pèse tant !un, trop lourd à garder pour moi toute seule. Anne était séropositive et elle est morte du Sida. En fait, elle avait été contaminée par Adrien et c’est pendant les visites médicales durant sa grossesse qu’elle a été diagnostiquée porteuse du virus ! Quant à ce dernier nous ne savons pas s’il est déjà au courant de sa situation. Une attention toute particulière devait lui être accordée avec son statut sérologique. Et comme si cela ne suffisait pas, Honoré  fut néanmoins contaminé pendant la grossesse.
Dieu merci, il est suivi dans un centre de santé et se porte bien. Régulièrement nous faisons nos visites médicales. Heureusement que les anti-rétroviraux ne coûtent plus aussi chers que pendant sa naissance. Tous les mois, il se plait à aller au centre de santé.
Honoré en ce jour est un bout de choux qui a la rage de vivre, curieux, vif et éveillé, il est un séropositif émancipé et dans sa peau surtout pour son jeune âge. Ensemble nous  combattrons et vaincrons cette maladie. Honoré a eu beaucoup de chance d’autres n’ont pas eu autant et sont pour la plupart décédés, non seulement de cette maladie mais surtout d’abandon, de négligence et surtout de stigmatisation.
Qu’est devenu Adrien ? Ne m’en parlé pas ! Je n’ai plus de ses nouvelles depuis bien longtemps. Une fois en discutant avec des amis j’appris qu’il était au Gabon afin de finir sa thèse. Ma plus grande prière c’est de voir les parents d’Anne pardonner leur fille. Ne disons-nous pas souvent ‘que ce qui est fait est fait ?’ j’ai donné une chance à Honoré pourquoi pas eux ?
Anne peut être ta sœur, ta voisine, ton amie, ta cousine ou une simple passante.
Honoré peut être ton frère, ton voisin, ton ami, ton cousin.
Adrien repend le mal autour de lui et peut être même sans s’en rendre compte jusqu’à nos jours.
 
Moi j’ai fait mon test et je suis séronégative. Je donne la chance à tous les séropositifs- à pourvoir a une vie meilleure- à vivre une vie meilleure- à aspirer a une vie meilleure sans jugement aucun.
Ne laissons pas ces malades à eux-mêmes, ils ont besoin de nous, rendons leur la vie plus facile en partageant tout ce que nous avons et tout ce que nous pouvons, ainsi nous améliorons leur vie qui n’est pas du tout rose afin de leur apporter ……un sourire !!!
Un sourire pour la vie !

Honoré mon lion, ma force, ma victoire sur la maladie!!

#RePost nouvelle rédigée en 2001.