Visa For Music 2018 : L’escale Bantoo de Tony Mefe figure en bonne place!

Tony Mefe promoteur culturel camerounais à travers son programme Escale Bantoo, permettra à des artistes musiciennes de l’Afrique subsaharienne de participer à Visa For Music qui se tient à Rabat au Maroc du 21 au 24 novembre 2018. Parmi ces artistes on retrouve les camerounaises Teety Tezanou, Estelle Mveng, Tao, Mirya Bikaa et Patricia Essong qui viendra de la France mais également la congolaise Licevl Mauwa. Dans sa quête de professionnaliser le milieu artistique, le nouveau ambassadeur de Visa For Music nous accorde un entretien qui explique sa démarche.
A noter que pour cette édition de Visa For Music (VFM), les artistes camerounaises Adango Salicia Zulu et Lornoar ont été retenu à la sélection officielle.
Bonne lecture!

Bonjour Tony Mefe, vous êtes ambassadeurs pour Visa For Music en quoi consiste votre rôle exactement ?
En tant qu’ambassadeur, notre rôle est simple. Faire connaître Visa For Music au Cameroun, répondre aux questions de ceux qui veulent y prendre part et si possible les aider à trouver les moyens de s’y rendre.

Escale Bantoo depuis quelques années accompagne des artistes du Cameroun et de sous-région pour des scènes spéciales off dans différents festivals comment naît ce projets ?
A l’origine, nous avions le Programme Fame à travers lequel nous avons participé à la structuration des projets des jeunes chanteuses qui y ont adhéré. Pour faciliter à nos adhérentes l’accès à la scène internationale, nous avons intégré au Programme Fame l’organisation d’un Salon international des voix de Fame. Par contre, l’idée d’une scène itinérante sur des grands festivals, Salons et marchés du spectacle, est un vieux projet que nous avons réactivé en 2015 avec l’opération « Sur la route du MASA 2016 ». Après le Masa 2016 où nous étions déjà avec des groupes du Congo et du Cameroun le Directeur de Visa for Music nous avait aussi donné l’opportunité de participer à Visa For Music 2016 avec les mêmes les artistes. Faute de moyen ce projet ne s’est pas réalisé, mais quelques artistes et opérateurs camerounais qui s’y sont rendus ont bénéficié des facilités que nous avaient promises Brahim El Mazned, le Directeur de Visa For Music.

Deux ans plus tard, nous avons proposé au Directeur du Masa un projet mieux structuré qu’il a décidé d’intégrer dans le projet Masa 2018. C’est ainsi qu’est né l’Escale Bantoo qui est aujourd’hui le programme qui regroupe toutes les actions que nous menons dans le secteur musical c’est à dire le Programme Fame, le Programme de Booking, Bantoo Groov, le Salon des voix de Fame, la scène itinérante et bientôt le Réseau Couveuse.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans son implantation ?
On rencontre toujours des difficultés en Afrique lorsqu’on travaille sur des actions qui s’inscrivent dans le long terme. C’est la principale difficulté que nous rencontrons. Ici, tant qu’on n’est pas dans l’urgence, ça ne bouge pas. Que ce soit les artistes, les potentiels partenaires financiers, etc. c’est toujours à la dernière minute que les gens veulent se décider. Malheureusement, c’est six mois et parfois un an que nous devons donner des garanties à nos partenaires étrangers…

Cette année encore vous donnez la chance à quelques artistes qui n’ont pas été retenu par le festival d’avoir une tribune d’expression. Qui sont ces artistes et comment se passe les préparatifs.
Ce ne sont pas de nouveaux artistes… nous sommes dans la continuité. Une carrière internationale ne se construit pas en 3 ou 4 dates à l’étranger. Il faut être présent partout si c’est possible. Les artistes que nous avons dans notre Line-up de visa for music étaient déjà au Masa et sur le dernier salon des voix de Fame.

Vous avez annoncé un bureau Cameroun Visa For Music, comment va-t-il se déployer ? Il ne concerne que les artistes Camerounais ?
Le bureau de Visa for music au Cameroun c’est moi et ma page facebook (rire).

Dans cette quête de professionnaliser le secteur musical à votre niveau, recevez-vous de l’aide du MINAC ?
Pas encore, mais nous sommes confiant. 2035 n’est plus bien loin. Plus sérieusement, je ne pense pas que le Minac et nous avons la même vision de l’action culturelle, la même compréhension des enjeux aussi bien au niveau local qu’international. Aussi, plutôt que se passer le temps à pleurnicher qu’il ne nous soutien pas, nous faisons comme s’il n’existe pas. Ça permet tout le monde de mieux se porter.

Après Visa For Music, quels sont les prochains défis d’Escale Bantoo ?
Nous avons lancé le Réseau « Couveuse » de l’Escale Bantoo qui va nous permettre de fédérer les moyens, les compétences et les réseaux de relations de plusieurs managers et opérateurs culturels de la sous-région pour booster davantage l’émergence de la nouvelle scène musicale d’Afrique centrale sur la scène internationale. Nous lançons aussi au Gabon, en partenariat avec Afrika Scène, le Gabon Music Expo, le salon des musiques d’Afrique de Libreville. Nous travaillons aussi à la construction d’une passerelle entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Est et Australe. Je peux vous rassurer que d’ici 2020, plusieurs artistes de notre sous-région seront plus présents de ce côté de l’Afrique qui est très mal connu.

Merci 🙂

En attendant retrouver le collectif FAME sur VFM à Rabat, elles seront des vôtres à Tanger ce 19 Novembre après une résidence qui va surement vous enchanter!
Side notes : Tout sur VFM
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