KOLATIER 2017 :  Luc Yatchokeu «Cette année, nous faisons une large place à l’économie de la musique à travers les rencontres et ateliers. »

Le 11 au 14 octobre prochain,  sous le haut patronage du président de la république du Cameroun, l’Afrique musicale se retrouvera à Yaoundé pour la 9e édition du marché des musiques d’Afrique #Kolatier . Un moment d’échanges entre professionnels du métier autour d’un programme riche et varié – table ronde, rencontres professionnelles, ateliers, showcases, concert, espace exposition. Nous avons rencontré pour vous, le promoteur de ce marché M. Luc YATCHOKEU . Tenez-vous tranquille, car le carrefour de belles mélodies vous attends !

• Comment est né le Kolatier?

Luc YATCHOKEU : Le Kolatier est parti d’un simple constat : les arts de la scène (musique, théâtre, contes et danse) d’Afrique Centrale étaient très peu présents sur les plateformes internationales de diffusion, malgré  efforts des artistes à présenter les œuvres de bonne qualité. Un peu partout le terme « Afrique » renvoyait automatiquement à l’Afrique de l’Ouest. Voila en gros ce qui m’a motivé à créer en 2003 une plateforme pour présenter aux professionnels du monde les créations de la sous région Afrique Centrale. Initialement, Le Kolatier se dénommait « Bourse aux spectacles d’Afrique Centrale ». Mais il y eu une évolution dans le concept : quelques années après la création du Kolatier, le MASA a été interrompu à cause de la guerre en Côte d’Ivoire, et nous avons commencé à recevoir les demandes des artistes originaires d’autres régions d’Afrique. Au vu de cet intérêt, nous avons décidé d’ouvrir Le Kolatier sur toute l’Afrique, en nous consacrant uniquement à la musique. Depuis 2010, Le Kolatier est devenu « Marché des Musiques d’Afrique ».

• Quel bilan faites-vous depuis la première édition à Douala?

Luc YATCHOKEU : Dès la première édition, nous avons noté un intérêt des professionnels d’Afrique Centrale à échanger et collaborer régulièrement dans l’optique des meilleures synergies au bénéfice des arts de la scène de la sous région. Ensuite au fil des éditions, plusieurs groupes ont bénéficié des contrats de tournées, et nous avons enregistré des collaborations fructueuses Nord-Sud et Sud-sud. Depuis 2010 et sur toutes les éditions du Kolatier, les institutions sérieuses collaborent avec nous soit à travers des mutualisations de programmes, soit en organisant leurs propres activités. On peut citer le CERDOTOLA (qui est l’un de nos soutiens traditionnels) en 2010 et 2012, le CIM (Conseil internationale de la Musique) qui a organisé pour la première fois en Afrique la réunion de son Bureau Exécutif en 2010 pendant Le Kolatier, le Bureau Export de la Musique Africaine à travers l’organisation de la première édition du SIMA (Salon international de la musique africaine) avec Le Kolatier en 2013, le programme AMDP géré par le CIM à travers l’organisation d’un séminaire sur le marketing de la musique pendant Le Kolatier 2015, Artérial Network qui a convenu avec nous d’organiser la 5ème conférence sur l’économie de la culture pendant Le Kolatier 2015. Toujours en 2015, le Conseil Africain de la Musique a choisi Le Kolatier comme plateforme pour organiser une réunion d’Assemblé Générale. Pour 2017, Artérial Network revient avec l’organisation d’une réunion de son démembrement de l’Afrique Centrale

Luc YATCHOKEU promoteur du KOLATIER

« Notre ambition pour les 5 ans à venir est de fédérer autour du Kolatier tous les acteurs de la filière musicale en Afrique afin que nous construisions ensemble le développement de l’industrie musicale du continent pour donner à la musique le poids économique qu’il mérite »

• Quels sont les innovations pour cette année?

Luc YATCHOKEU : Cette année, nous faisons une large place à l’économie de la musique à travers les rencontres et ateliers. Rappelons-nous que Le Kolatier est un marché : donc notre démarche est de plus en plus économique. Il y aura un atelier sur la monétisation des contenus musicaux dans l’environnement numérique et un atelier sur le booking. Pendant les rencontres professionnelles, nous aurons droit à des présentations de projets et initiatives innovantes. Par exemple, Sony Music Africa (Côte d’Ivoire) présentera sa structure en vue de permettre aux artistes de proposer leurs œuvres pour les productions dans un format professionnel. Une banque de la place nous rejoint cette année pour présenter aux professionnels les différentes opportunités et possibilités de financement qu’elle offre en faveur du secteur musical.

Qui sont les personnalités qui échangeront avec le public durant les conférences et les ateliers?

Luc YATCHOKEU : José Da Silva, Directeur Général de Sony Music Côte d’Ivoire sera lui-même présent pour échanger après présentation de sa structure et de leur nouvelle politique.
Un expert européen des plateformes numériques sera aux côtés de Armand Thierry Nguélé (Label Digital) pour animer l’atelier sur la monétisation des contenus musicaux. Nous sommes en pourparler avec une entreprise de téléphonie pour rejoindre cet atelier.
Michel De Bock (Contre Jour), producteur et tourneur de Kareyce Fotso, Dobe Gnoaré, Abib Koite … nous a donné son accord de principe pour animer l’atelier sur le booking.
Un cadre de banque sera présent pour entretenir les professionnels sur le financement.
La table ronde sur le thème « Coopération et échange culturelle Sud-sud, le cas du Maghreb et l’Afrique Subsaharienne à travers la musique » sera assez riche, avec la présence des acteurs de bon niveau tels que : Ghita Khaldi, responsable de Afrikayna (bourse de mobilité marocaine), un responsable de MOMEX (Morroco Music Export), Rachid Briki, responsable de l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel, Luc Yatchokeu (Le Kolatier). Nous inviterons également le groupe musical Love’N Live qui a bénéficié d’une longue tournée dans le Maghreb grâce à un rencontre au Kolatier 2015, à venir partager avec nous son expérience de cette coopération.

• Quels sont les groupes invités/artistes?

Luc YATCHOKEU :
• Eva Hakapoka (Cameroun)
• Nour Project (Egypte)
• Lornoar (Cameroun)
• SOS Salsa (Congo)
• Armand Biyag (Cameroun)
• Shak Shakito (RDC)
• Adango Salicia Zulu (Cameroun)
• Orchestre Koré (Mali)
• Teety Tezano (Cameroun)
• Djim Rade (Tchad France)
• Alima (Cameroun)
• Ifrikya Spririt (Algérie)
• Papy Anza (Cameroun)
• Gwen et Tina (Gabon-Suisse)
• Leberger (Cameroun)
• Queen Koumb (Gabon)
• Christelle Tambou (Cameroun)
• Ibaaku (Sénégal)
• Chrispo Epole (Cameroun)
• Ariband (Maroc)
• Stephane Akam (Cameroun)
• Nicole Obele (Cameroun)

• Aujourd’hui en Afrique centrale, on retrouve une pluralité de festivals et marchés, quels sont pour vous, les raisons qui font que le Kolatier soit atypique et poursuit son chemin sereinement.

Luc YATCHOKEU : Le Kolatier est une initiative privée qui comme bien d’autres initiatives en Afrique Centrale a souffert d’insuffisance de soutien financier, même si après deux éditions nous avons commencé à bénéficier de l’appui de certaines institution telles que le Ministère des Arts et de la Culture, l’OIF etc… A côté de cette insuffisance de soutien le concept en tant que marché a eu du mal à être compris par les acteurs de la culture dans la sous région. Nous avons résisté grâce à notre détermination, allant jusqu’aux sacrifices personnels. J’ai eu la force d’avancer grâce au concours de quelques personnes au nombre desquelles mon épouse, mon ami Michel NDOH qui s’est accroché depuis le début de l’aventure, et le Professeur Lupwishi Mbuyamba, grand militant de la culture en Afrique, et Directeur exécutif de l’Observatoire des Politiques Culturelles en Afrique qui nous a toujours encouragé et orienté. La sérénité malgré les difficultés qui ne sont pas encore totalement effacées, n’est apparue qu’en 2013 après l’important appui que nous avons reçu du Président de la République. Aujourd’hui son Haut Patronage pour l’édition 2017 nous encourage et nous galvanise. Nous lui en sommes infiniment reconnaissants.

• Combien de personnes sont attendues au Kolatier?

Luc YATCHOKEU : Nous attendons plus de 100 artistes, une centaine de professionnels (plus de trente sont déjà inscrits à ce jour) et une dizaine d’institutions.

• Quelles sont les personnes qui travaillent autour du Kolatier?

A cause des difficultés financières dont j’ai parlé plus haut, nous avons une équipe assez réduite qui se constitue par étapes. La première c’est l’équipe permanente de deux personnes, qui est constitué de moi-même et une assistante. Ensuite intervient Michel NDOH qui apparaît à un an de l’évènement (Le Kolatier est une biennale) pour bâtir avec moi la stratégie de la prochaine édition. Pour la production, nous faisons appel à des chefs d’équipe dont les plus fidèles sont : Martial Nguéa, Aimé Sadou, Issa Yinkou, Franck Serge Pambé Aba, qui proposent chacun les membres de leurs équipes respectives. Nous nous attachons également les services des bénévoles.


• Quels sont les perspectives du festival pour les 5 ans à venir?

Luc YATCHOKEU : Pour l’appellation, je préfère parler de « Marché » à la place de « festival » à cause des missions qui sont les nôtres. Notre ambition pour les 5 ans à venir est de fédérer autour du Kolatier tous les acteurs de la filière musicale en Afrique afin que nous construisions ensemble le développement de l’industrie musicale du continent pour donner à la musique le poids économique qu’il mérite. Yaoundé devra être un grand carrefour de la music business en Afrique, et l’impact sur la « destination Cameroun doit être mesurable »

• Merci de nous compter comme partenaire cette année. Qu’attendez-vous de nous?

Luc YATCHOKEU : Accompagnez-nous comme les médias, nos premiers partenaires savent le faire. Soyez à nos côtés pour informer le public, nous dire ce qui a marché et si nécessaire quels ont été les manquements afin que nous puissions nous améliorer.
VisionArtistik sera au marché des musiques d’Afrique en octobre. Nous vous réservons des interviews exclusives et des directs  des coulisses jusqu’à la scène….à vous couper le souffle
NB: pour les professionnels qui veulent encore participer ….inscrivez-vous Ici

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